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Syndrome de la cabane et sophrologie : 2 questions à se poser, 1 accompagnement clé !

Mis à jour : sept. 16



La période que la France a vécue pendant près de huit semaines a été le hot topic de la saison printemps/été 2020 : difficile de passer à côté. Dans les médias, l’aspect angoissant du confinement a largement été traité. Entre enfermement, contraintes de circulation, ennui, énervement, solitude, inquiétudes liées à la santé et à son avenir professionnel, et j’en passe, cette étape a été vécue comme une période anxiogène par un grand nombre de confinés. Voilà qui est largement compréhensible.

Une multitude d’aides et autres initiatives ont été proposées tels que cours collectifs divers et variés en vidéo, téléconsultation, aide entre voisins, etc. Autant d’accompagnements qui ont probablement contribué à un certain mieux vécu du confinement.

Puis, début mai, est arrivé ce grand titre à la une de tous les journaux: LE DECONFINEMENT!

Idées de promenades, liste des commerces qui rouvrent leur porte, autorisation de sortie sans attestation: un déconfinement largement couvert comme une bonne nouvelle. Et il y a de quoi !


Mais qu’en est-il de l’angoisse du déconfinement ? Pourquoi n’est-elle pas autant traitée que la difficulté du confinement ?

Au-delà du conseil de « reprendre une vie normale petit à petit » et du rassurant constat que « ce n’est pas une maladie, c’est transitoire », quelles sont les initiatives en réponse à ce réel malaise auquel beaucoup de français, dans l’obligation de sortir de chez eux, doivent actuellement faire face ? Quel soutien ?


A ma façon, je souhaite couvrir cette thématique, en commençant par la nommer: syndrome de la cabane.


« C’est quoi ce nouveau truc ?! », pourrait-on penser

N’allez pas imaginer que le syndrome de la cabane est un mal propre au 21ème siècle. Certains d’entre vous ont peut-être déjà lu quelques articles expliquant l’origine de cette expression : il s’agit de l’angoisse, parfois même de la méfiance, ressentie par les chercheurs d’or aux Etats-Unis dans les années 1900, lorsqu’ils devaient retourner à la ville une fois leur mission terminée, alors qu’ils avaient passé plusieurs mois … dans leur cabane !


On peut comprendre que plus d’un siècle en arrière, ces sensations était subies, et peut-être même étaient-elles loin d’être conscientisées par le chercheur d’or lui-même. Alors aujourd’hui, on en est où ?


Je suis tentée de penser qu’en cette période de déconfinement, libre de sortir de son abri, le chercheur d’or version 2:0 est conscient de ses maux, mais n’ose peut-être pas se confier.


« Ce mec est complètement asocial ! »



En plus de ressentir fatigue, ralentissement, engourdissement et tristesse, la personne souffrant du syndrome de la cabane - oui cette personne souffre, n’ayons pas peur des mots - est vite susceptible de devoir supporter la lourdeur supplémentaire de l’étiquette « asocial ».


« Tu viens de passer deux mois confiné chez toi, et tu passes encore ta soirée devant Netflix … t’es sérieux ? Allez viens avec nous, on va prendre l’apéro au bord du Canal Saint Martin ! ».


En plus des symptômes envahissants de ce syndrome, et de la case « asocial » cochée avec succès, il est probable que la personne concernée doive également faire avec le silence.

Ne pas oser en parler car être incapable de reprendre son quotidien est honteux. Garder pour soi ce que l’on ressent parce que parler de son mal être est tabou.


Ça commence à faire beaucoup pour une seule personne, vous ne trouvez-pas ?


« Ça va passer » - sûrement - , « on peut faire avec » - combien de temps ? - mais pourquoi passer ce cap en solo ? Permettez-moi de vous parler de l’accompagnement du syndrome de la cabane par la sophrologie.


2 questions, 1 accompagnement


Peur de tomber malade, angoisse à l’idée de reprendre les transports en commun, oppression et souffle coupé par le port du masque, difficulté à se retrouver face à une réalité quotidienne évitée le temps du confinement « à l’abri » : les origines de ce mal être sont multiples. La sophrologie peut vous faire découvrir des exercices simples, qui vous permettront d’avancer plus sereinement.


> Ici et maintenant, je ressens quoi ?


Le cerveau humain ne sait pas faire la différence entre une situation réellement vécue, et une projection de l’esprit. Vous pensez peut-être que c’est triste, moi je trouve ça merveilleux !


Je vous invite à fermer les yeux un instant, et penser à un citron tout jaune. Ce citron vous le coupez en deux. Prenez-en une moitié dans votre main, et pressez son jus directement dans votre bouche. Que ressentez-vous ?

Il y a de fortes chances que la sensation vécue, ici et maintenant, soit la même que si vous mangiez ce citron pour de vrai : une salivation provoquée par l’acidité ressentie.



La sophrologie est une méthode qui permet, entre autres, de prendre son temps pour imaginer une situation, du quotidien par exemple, et prendre conscience de ce qu’elle nous fait ressentir, physiquement et émotionnellement. Au 21ème siècle, ce n’est pas du luxe !


Je vous propose à nouveau de fermer les yeux. Pensez à votre quotidien, tel qu’il est maintenant, à l’instant où la France se déconfine.

Y a-t-il une situation particulière qui retient votre attention ? Quelle(s) émotion(s) vous traverse(nt) ? Quelle(s) sensation(s) physiques ressentez-vous ?


Il se peut que des choses quelques peu désagréables viennent à vous.


> Je ressens des choses désagréables, et peut-être inhabituelles : j’en fais quoi ?



Cela peut paraître stupide, mais se demander ce que l’on va bien pouvoir faire de ses sensations, est pourtant une étape clé : cela signifie que vous savez ce qui vous traverse, et par conséquent vous voici capable de vivre cette situation, et non plus de la subir.


Je m’interroge en rédigeant cet article si le chercheur d’or était conscient de ce qu’il ressentait. Etre conscient de ce que nous vivons, là est la pépite !


Quelques séances de sophrologie peuvent vous faire réaliser qu’une situation de votre quotidien vous est tout compte fait anxiogène, pendant qu’une autre est source d’émotions et sensations agréables. Savoir différencier ce qui vous fait du bien de ce qui vous est source d’anxiété est une réelle richesse.

La sophrologie est une méthode qui va plus loin que ce constat : avec une pratique régulière, vous pourrez développer par exemple la capacité de déclencher confiance et sérénité, au moment même où vous vivez une situation habituellement subie avec oppression ou affolement. Et ce en un claquement de doigt … au sens propre du terme. Oui, si c’est le geste qui vous plaît !


De façon plus immédiate, vous pouvez également chasser certaines angoisses et autres sensations gênantes en quelques minutes, en pratiquant l’un ou l’autre des exercices ci-dessous. Je vous invite dans tous les cas à vous installer confortablement et fermer les yeux :


  • Respirez naturellement, et déposez délicatement vos mains sur votre nombril. Prenez un instant pour prendre conscience de votre respiration, du mouvement de votre corps, et du trajet de l’air des narines jusqu’aux poumons, à chaque inspiration. Et inversement à chaque expiration. Laissez venir à votre esprit une couleur qui vous plait, celle qui vous apaisera ici et maintenant. Et conscient de chacune de vos inspirations, imaginez que l’air inspiré en est agréablement coloré. Prenez le temps qu’il vous faut pour vous emplir de cette air réconfortant.


  • Respirez naturellement et portez votre attention sur votre corps. Que ressentez-vous au niveau du visage, de la poitrine, des épaules, du dos, du ventre, des jambes ou des pieds ? Où sont localisées les sensations désagréables, et quelles sont-elles ? Une fois ces sensations identifiées, déposez vos mains à l’endroit où vous ressentez des choses inconfortables, pour essayer de bien prendre conscience de cette zone de votre corps. Prenez une grande inspiration par le nez, puis retenez l’air un petit instant. Pendant cet instant, imaginez rassembler toutes ces sensations gênantes. Puis expirez un grand coup, et laissez partir ce qui vous gêne. Vous pouvez même expirer en faisant du bruit, et faire fuir ces gênes. Vous pouvez répéter cet exercice plusieurs fois, sur différents endroits de votre corps. Puis gardez encore quelques instants les yeux fermés, et essayez d’écouter ce que vous ressentez, peut-être de plus apaisé.


  • Laissez venir une situation que vous aimez particulièrement, ça peut être un instant du quotidien par exemple. Prenez tout votre temps pour vivre ici et maintenant ce moment si agréable pour vous, dans tous ses détails, en utilisant vos cinq sens. Puis, prenez un instant pour passer en revue ce que vous ressentez ici et maintenant : quelles émotions ou sensations corporelles sont venues ? Profitez de ce ressenti positif, et essayez de le garder à la conscience.

  • Si vous souhaitez aller un peu plus loin : sur chaque inspiration, imaginez rassembler toutes ses sensations agréables; sur chaque expiration, essayez d’emplir votre corps tout entier de cette belle énergie.


Impossible d’aller chercher l’or aux Etats-Unis actuellement ! En revanche, vous pouvez vous laisser guider par la sophrologie, entretenir cette richesse à l’intérieur de vous, et braver quelques situations difficiles mais inévitables.